10.3.11

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I love typography. Sur le modèle du tableau périodique des éléments chimiques qui représente tous les éléments connus (on l’appelle aussi table de Mendeleiev du nom de son auteur, un chimiste russe qui en définit le principe en 1869), des fous de typographie ont dressé une classification équivalente pour les fontes de caractères.
Nombreux sont ceux qui s'étaient déjà livrés à l'exercice et avaient déposé leurs listes sur le world wide web. Les uns, très sérieusement en affichant par exemple  « Les 30 fontes que doit connaître et posséder tout praticien qui se respecte », les autres plus malicieusement avec des propositions comme « Types no one gets fired for using ». Il ne suffisait plus qu'à passer au shaker l'ensemble de ces résultats pour obtenir une classification à vocation universelle façon Mendeleiev, probablement moins stable et définitive que l'originale, vu les soubresauts de la mode et les progrès de la technologie. Ce fut chose faite.

Observons-la. Pour le néophyte, un premier distingo simple permettra un meilleur repérage dans cette foire aux signes. Il s’agit de pouvoir distinguer les deux grandes familles à partir desquelles se déclinent toutes les autres. C’est-à-dire différencier la famille des caractères bâton dont le tracé est rectiligne sans fioriture aux extrémités (caractère sans serif pour les anglo-saxons) de la famille des caractères à empattement (l’extrémité des lettres comporte une terminaison de forme triangulaire, rectangulaire, voire filiforme : l’empattement). A partir de là tout devient plus simple. Reste juste la nomenclature du tableau : dans chaque cartouche figure un glyphe, le nom du caractère, sa famille de rattachement, son rang dans le classement, le nom de son créateur et enfin l’année de sa sortie.

Que retenir de ce damier magique ? L’on constate que les quatre polices de caractères les plus pléblicités sont des bâtons l’Helvetica, le Futura, l’Univers(*), et l’Akzidenz-Grotesk suivies à la corde par trois polices à empattements, le Bodoni, le Garamond et le Times.
Et alors me direz-vous, tout ce bla-bla indigeste pour en arriver là ? Un micro-querelle de spécialistes, piètre sodomisation de diptères... pas si sûr. En cette époque trouble, que les sondages d'opinions décrivent comme encline à des dérives extrémistes, xénophobes voire fachisantes, il faut revenir au baromètre de la typographie pour garder espoir. Adrian Frutiger, grand créateur de caractères devant l'éternel reconnaissait il y a quelques années garder toute sa confiance dans le genre humain, fort du constat que les deux caractères les plus utilisées à l'époque étaient l'Helvetica et le Garamond, deux polices exceptionnelles, paragon de perfection, constitutives d'un noyau idéal combinant au choix, l'empattement et le bâton, le yin et le yang, le masculin et le féminin, le cerveau droit et le cerveau gauche etc,.

En savoir plus : sur l'Helvetica: lire l'article de Richard Hollis dans le n°168 d'Etapes de mai 2009 ; sur la petite cuisine qui a permis de construire la Table of periodic typefaces http://www.behance.net/Gallery/Periodic-Table-of-Typefaces/193759

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